Petits corps du système solaire : une réunion internationale pour coordonner les missions

 

Les spécialistes internationaux de l’étude des petits corps du système solaire (astéroïdes, comètes…) étaient réunis du 29 au 31 à mai à Nice sous l’égide de l’Observatoire de la Côte d’Azur, de l’Université de Nice-Sophia Antipolis et avec le soutien financier du Comité Doyen Jean Lépine de la Ville de Nice. L’objectif de cette rencontre où étaient représentés les plus grandes agences spatiales internationales (NASA, Agence spatiale européenne, agence spatiale japonaise, CNES… ) était de mieux coordonner les missions spatiales d’exploration (robotiques et humaines ) des petits corps du Système Solaire au niveau international, les observations et les recherches théoriques dans ce domaine en soutien à ces missions.

 

En effet, deux missions de retour d’échantillon d’astéroïde sont actuellement en développement : Hayabusa 2 (Japon) qui sera lancée en 2014 pour un retour en 2020, OSIRIS-Rex (Etats-Unis) qui sera lancée en 2016 pour un retour en 2023, etMarcoPolo-R (Europe) qui est en cours de sélection (résultat en février 2014) pour un lancement en 2022 si elle est sélectionnée et un retour en 2027. Etant donnée la grande diversité de propriétés physiques et de composition de ces petits corps, il est important que plusieurs missions visant des corps différents soient développés pour espérer obtenir une connaissance globale. Ces petits corps sont les briques restantes de la formation des planètes et contiennent des informations cruciales sur le stade de formation des planètes et l’histoire précoce du Système Solaire. Par ailleurs, ils pourraient avoir apporté sur Terre les éléments (matière organique et eau) nécessaires à l’émergence de la Vie sur Terre, et seule leur exploration spatiale permettra de le vérifier. Enfin certains d’entre eux représentent une menace pour l’humanité et ces connaissances permettront de mieux nous en protéger. Certains projets de missions discutés dans ce congrès ont pur but de tester notre capacité à dévier un corps potentiellement dangereux.

Patrick Michel, Directeur de Recherches au CNRS, responsable de l’équipe de Planétologie du laboratoire Lagrange à l’Observatoire de la Côte d’Azur, co-porteur de la mission MarcoPolo-R, membre des équipes scientifiques des missions Hayabusa 2 et OSIRIS-REx, et organisateur de cette rencontre, rappelle : « Les astéroïdes sont l’ADN du système solaire. Les étudier permet de mieux comprendre comment notre Système Solaire et nos planètes se sont formées, comment la vie a pu émerger, et comment la maintenir en se protégeant de ceux qui nous menacent. »

De gauche à droite : Donald Yeomans, Jet Propulsion Lab- Caltech,
Patrick Michel, directeur de chercheur CNRS à l’OCA, Lindley Johnson, Nasa Headquarters.